Le hotu, un indicateur qualité des rivières ?

Le hotu , un indicateur de la qualité des rivières ? 

Jusqu’aux années 1980, chandrostoma nasus, cyprinidé plus connu sous le nom de Hotu abondait en Durance.

Originaire de l’est de l’Europe, d’instinct grégaire, ce poisson pouvant avoisiner le kilo, avait colonisé les eaux françaises de manière spectaculaire, à tel point que par endroit, il semblait tapisser le fond de la rivière.

C’était un spectacle impressionnant de voir les éclairs argentés de ce poisson, ratissant les galets et les enrochements de son museau cartilagineux.

Au pont de Mirabeau, des automobilistes s’arrêtaient régulièrement pour le coup d’œil.

La Durance regorgeait de hotus, comme la majorité des rivières françaises…

Il y en avait tellement de hotus, que les hommes en firent des nuisibles (une vieille habitude) , ravageurs de frayères dans les eaux à salmonidés dominants. Une précision : la Durance n’entre pas dans cette catégorie dans son cours moyen et inférieur.

Le poisson étant farci d’arrêtes, quasiment personne ne le consommait et des tas de malheureux hotus empuantissaient les berges en séchant au soleil.

Et puis peu à peu, les populations de hotus, diminuèrent…à tel point que l’animal est maintenant très rare …il n’est même plus classé nuisible. D’ailleurs en Belgique des piscicultures élèvent ce poisson pour en repeupler les cours d’eau.

Toutes sortes d’explications furent données.

C’est la faute au cormoran disait on ; il s’attaque principalement aux poissons de belle taille… le cormoran « envahissait les rivières », il fut autorisé de contrôler son expansion, c’est-à-dire de le tirer…sous certaines conditions bien évidemment, une limitation raisonnée bien sûr. Il y a moins de cormorans maintenant mais les populations de hotus n’ont semble-t-il pas augmenté à nouveau.

C’est la faute à la surpêche …il s’en est tellement pris pendant des années. La surpêche dans le contexte d’une grave diminution des cartes de pêche vendues ces dernières années ?

L’explication est autre : le hotu a l’habitude de changer de quartier selon les saison, à petite échelle, pas comme l’alose ou l’anguille qui sont des voyageurs au long cours. La multiplication des barrages, seuils - obstacles à sa libre circulation - a fini par réduire sa population…et comme le hotu ne vaut pas grand-chose, sa raréfaction laisse indifférent, en particulier les amateurs de truites aux nageoires atrophiées déversées la veille des « ouvertures » pour satisfaire certains pêcheurs soucieux de rentabiliser leur permis.

Ceci, bien sur n’engage que le rédacteur de l’article.

Pierre D le 27 avril 2020

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